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L’esprit d’entreprendre à l’université

Alain Asquin, vice-président de l'Université Jean-Moulin Lyon 3 présente les pôles étudiants
pour l'innovation, le transfert et l'entrepreneuriat, implantés en régions. Ils délivrent un statut d'étudiant-entrepreneur pour des projets créatifs ouverts sur l'espace européen.

L'esprit d'entreprendre caractérise chez ceux qui en sont animé, une posture de questionnement, une capacité d'initiative mais aussi une volonté d'engagement. Il n'est donc pas surprenant que nos plus jeunes générations soient au cœur de cette dynamique. Mais, si on leur reconnaissait jusque-là une énergie du discours, notre société était réservée sinon condescendante sur leur capacité effective de transformation : manque de compétence, manque de réseau social, manque de financement, manque d'expérience… Or les temps changent. Les jeunes de 18 à 25 ans entreprennent de manière convaincante, et il ne s'agit plus de rares exceptions. Nous devons changer notre vision du monde et les accompagner.

Indéniablement les outils numériques et le réseau internet jouent un rôle décisif dans le passage à l'acte par des jeunes « natifs » qui trouvent des solutions décalées et à faible coût au moins pour la phase de prototypage. La valorisation du collectif chez les jeunes modifie les manières d'entreprendre. Alors que la figure caricaturale de l'entrepreneur était l'individu, héroïque et visionnaire, on voit aujourd'hui que ce sont les collectifs qui sont valorisés, leur capacité à agir en intégrant dans l'action la diversité des membres du groupe. Enfin ces jeunes entrepreneurs pensent une génération de valeur globale qui se construit chemin faisant et qui va souvent au-delà de la seule profitabilité et reverse de la valeur aux parties prenantes.

Un statut d'étudiant entrepreneur

Ces jeunes entrepreneurs s'engagent donc avec sérieux et dans des processus complexes. Ils ont alors besoin d'organiser, de formaliser les processus, de recruter, de penser la relation à leurs clients ou à leurs bénéficiaires…et cela vaut pour les entreprises comme les associations, que les finalités soient d'abord économiques ou sociales.
Les Universités et les Ecoles supérieures se sont progressivement structurées pour leurs étudiants mais de manière hétérogène. La décision prise fin 2013 par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche à la suite des Assises de l'Entrepreneuriat de créer un statut étudiant-entrepreneur change radicalement la donne. Ce statut national conduit à reconnaitre l'importance de ce qui est réalisé dans le projet entrepreneurial au regard des études de l'étudiant, qu'il peut alors traduire en crédits valorisés dans son diplôme.
29 pôles PEPITE
sont chargés en Région de concevoir et de piloter de manière collective l'accompagnement de tous les jeunes entrepreneurs titulaire du bac sur leur territoire. L'expérience acquise au sein des PEPITE doit désormais bénéficier au plus grand nombre, et de nombreux pôles s'organisent pour ouvrir leurs programmes à des jeunes qui n'ont pas la chance d'accéder aux études supérieures.

Priorité à l'échange et au travail entre pairs

Maintenant que l'essentiel du dispositif est en place, que les programmes se rôdent, que les incubateurs se remplissent, nous devons travailler à ce que les freins présents dans les projets des générations précédentes ne se reproduisent pas.
En premier lieu, nous devons travailler à donner à ces jeunes entrepreneurs une dimension européenne. Dans l'esprit du programme « Erasmus pour Jeunes Entrepreneurs », nous devons permettre à ces jeunes de circuler en Europe mais aussi de se rencontrer. Pour ce qui est des rencontres, nous portons l'ambition de créer chaque année un atelier d'été pendant lequel des jeunes entrepreneurs européens viendront éprouver leurs projets respectifs, en travaillant en « miroir » les uns pour les autres à partir de leurs expériences, de leurs expertises et de leurs cultures. Il ne s'agit pas de faire venir une fois de plus des mentors ou des experts. Ils doivent être entre pairs. Notre rôle doit être centré sur la création des conditions favorables à leur travail. Pour ce qui concerne la mobilité, nous souhaitons créer un réseau des incubateurs partenaires en Europe. Des places seront ouvertes à la mobilité européenne et des jeunes pourront aller dans un pays en fonction des accompagnements proposés mais aussi de l'intérêt du pays comme marché, ou pour son contexte industriel.
Les ressources supplémentaires mobilisées sont ainsi limitées et tous les partenaires en mobilité ou en accueil seront enrichis de cette expérience. Nous souhaitons des jeunes entrepreneurs plus européens dans leur esprit et leur manière de faire mais aussi qui pensent très tôt leur action à l'échelle européene. On a montré que débuter très tôt dans un premier pays donne à l'entrepreneur et à l'entreprise une orientation à l'international beaucoup plus forte, qui structure son développement. Le projet européen doit se construire avec ces jeunes entrepreneurs.

 

Alain ASQUIN 

1er Vice-Président - En charge de l'innovation et des partenariats socio-économiques, Université Jean Moulin Lyon 3

Référent pour l'Université de Lyon du Pôle Entrepreneuriat Etudiant Beelys

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

02
Juillet 2015
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Le mag' Erasmus+

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