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Marcel Grignard, Président de Confrontations Europe

24% des moins de 25 ans en France cherchent un emploi. Rendre accessible le programme Erasmus + à tous les jeunes est aujourd'hui une nécessité pour des opportunités de mobilité qui faciliteront leur insertion professionnelle.

Pour que le programme Erasmus + touche aujourd'hui davantage de jeunes parmi les moins favorisés, c'est-à-dire qu'il se démocratise, il faut agir dans trois directions :

  • Valoriser les enjeux et l'intérêt de la démarche

Erasmus +, c'est d'abord un investissement dans le capital humain. Les bénéficiaires acquièrent de nouvelles compétences, s'adaptent à un nouveau milieu, découvrent de nouvelles réalités. Des compétences très utiles à l'heure du numérique, mutation qui appelle à un effort conséquent en formation, ne se limitant pas aux seules compétences numériques proprement dites. Erasmus +, c'est aussi un levier de valorisation des filières d'apprentissage. Les politiques et les pratiques en la matière sont diverses. Les retours d'expériences de ceux qui découvrent d'autres savoir-faire, doivent permettre de modifier les représentations et améliorer l'organisation de ces filières afin de les développer, voire favoriser l'harmonisation des qualifications de l'enseignement professionnel.

En second lieu, cette découverte d'autres cultures et modes de vie permet de mieux connaitre d'autres Européens ; indispensable dans une perspective de renforcement d'une culture européenne, contrepied aux replis nationaux. Et ce, d'autant que, plus l'insertion dans la vie professionnelle est difficile, plus la tendance au repli et à la distance avec le projet européen est importante.

  • Situer Erasmus + dans un projet global

La tendance générale des politiques européennes, dans leur définition et leur mise en œuvre, est le cloisonnement. Erasmus + est à la croisée d'objectifs multiples : acquisition de compétences, meilleure compréhension de l'Europe, insertion des jeunes et réduction des précarités. Développer Erasmus + et le démocratiser demande des moyens et des mobilisations qui dépassent les seuls responsables de ces programmes, ce qui est possible si on en a une approche transversale.

  • Des moyens et des personnes dédiées

Comme souvent, les plus concernés par le projet sont les moins à même de savoir qu'il existe. Qui plus est, il faut s'affranchir des résistances culturelles et des difficultés matérielles. C'est dire que la mission de ceux qui sont au contact de ces jeunes dans les CFA, les lycées, les maisons de l'emploi ou ailleurs est vitale. Les responsables politiques, administratifs doivent s'investir pour développer ces mobilités et s'assurer que des personnes dédiées soient formées, y consacrent du temps et des moyens.

Une dynamique repose sur une alchimie complexe entre une politique décidée au niveau européen et les acteurs dans les territoires sachant que c'est à ce niveau que se développent les initiatives. L'Union européenne doit prendre les moyens de repérer ce que sont ces initiatives, en assurer une diffusion, s'en inspirer pour améliorer les mécanismes mis en place.

 

 

Marcel Grignard, Président de Confrontations Europe

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17
Juin 2016
Article

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