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Deux ministres européens de l'éducation portent un regard sur l'école lors des Journées de la refondation de l’école

Les défis éducatifs sont nombreux pour Gustav Fridolin, Ministre suédois de l'Education et Tiago Brandão Rodrigues, Ministre portugais de l'Education invités par la Ministre Najat Vallaud-Belkacem.

 

Pour Gustav Fridolin, ministre suédois de l'Education et Tiago Brandão Rodrigues, ministre portugais de l'Education, les défis éducatifs sont nombreux et se posent à l'échelle européenne.

Les Journées de la Refondation de l'Ecole de la République ont été l'occasion d'échanger sur la politique éducative et les réformes engagées depuis 2012. L'ambition numérique de la France est réaffirmée : dès le primaire, les élèves seront initiés au codage informatique, un plan de formation ambitieux est mis en place pour les enseignants et les ressources numériques vont être amplifiées et diversifiées.
Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, réaffirme la priorité de l'école pour réduire les inégalités sociales : « Tous les changements commencent à l'école et déterminent l'avenir des enfants. L'école est le terreau de tous les talents qui irrigueront la société ».

 

Le ministre rappelle la Déclaration sur la promotion de l'éducation à la citoyenneté et aux valeurs communes de liberté, de tolérance et de non-discrimination pour une société plus résistante et plus résiliente.

La Suède est aujourd'hui confrontée à plusieurs défis : 40 % des élèves n'ont pu se qualifier à l'issue du collège pour accéder à l'enseignement supérieur.

Les trois priorités du système éducatif

  • Qualité de l'enseignement
  • Egalité dans le système éducatif
  • Dépistage précoce des décrochages et intervention dès le primaire

 

Des enseignants engagés et une profession à défendre

D'après l'OCDE, l'une des forces du système suédois repose sur l'engagement de ses enseignants. Aujourd'hui, la profession manque cependant d'attrait, la progression des salaires étant très limitée, le ministère s'engage à rendre la profession plus attrayante sans impacter pour autant l'autonomie des enseignants. Des enseignants spécialisés assisteront les élèves en difficulté et disposeront de plus de temps pour un accompagnement spécialisé, à l'exemple de la France qui propose des ressources additionnelles, avec des infirmiers et des agents spécialisés dans les écoles maternelles par exemple.

L'accueil des migrants, une opportunité, une chance et un défi

La Suède, qui en 2015 représente 2% de la population de l'UE, a accueilli 23% des immigrés et 60.000 enfants d'âge scolaire. Il s'agit d'un impact considérable pour le pays et surtout d'une belle occasion d'opérer un changement profond dans le système éducatif suédois. Les réformes successives ont en effet changé le cadre juridique au cours des dernières années.

« Nous sommes aujourd'hui dans un système trop fragmenté et impuissant à se réformer. L'arrivée de ces enfants va nous permettre de mettre à l'épreuve notre principe de solidarité et de réussite à l'école pour tous. Nous allons créer une école robuste, flexible avec des ressources spécifiques pour intégrer ces enfants. Des cours seront dispensés dans la langue maternelle pour une transition en douceur vers le système suédois, le capital linguistique est en effet essentiel pour réussir à l'école ».

Un rapport émanant de la Commission scolaire sera publié fin 2016. Professionnels, éducateurs, enseignants, chercheurs doivent être les agents du changement et puiser des inspirations dans d'autres systèmes éducatifs.

 

Pour Tiago Brandão Rodrigues, ministre portugais de l'Education, « le changement permanent de l'école est un vrai défi ! Les défis sont les mêmes dans tous les pays, l'éducation a besoin de transformations permanentes pour avancer vers l'avenir.

Nos priorités : qualifier, former, stimuler et innover

« La lutte contre le décrochage scolaire est pour nous une priorité, nous devons réduire de 50% en 10 ans le nombre d'enfants qui quittent l'école pour atteindre moins de 10% en 2020 ».

L'école, en assurant une formation professionnelle et holistique, renforce la cohésion sociale pour donner une deuxième chance aux citoyens. Le niveau actuel de qualification au Portugal est en effet trop bas et ralentit la croissance économique. Il est de notre responsabilité d'augmenter les niveaux de qualification avec la délivrance de certifications pour une vie plus réussie de tous les citoyens.

« Le succès de tous ne signifie pas l'échec de certains » : L'Europe avait, il y a quelque temps, une stratégie de plein emploi alors que nous connaissons aujourd'hui le plus fort taux de chômage avec un tiers des jeunes sans emploi. Nous devons rechercher l'égalité des chances, l'équité avec plus de soutien social pour les étudiants et pour les personnes qui en ont le plus besoin. La modernisation de notre système éducatif doit tenir compte des nombreuses ressources numériques.

Et pourquoi pas un jour peut-être concevoir un système d'éducation européen ?

 

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20
Juin 2016
Article

Le mag' Erasmus+

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