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Le Cercle Erasmus

Tribune de Julien PEA, membre du cercle Erasmus de l'Agence Erasmus+ France / Education Formation et directeur de la Maison de l'Europe de Franche-Comté.

 

En 2017, l'Union européenne célèbre, dans un contexte politique incertain, deux éléments marquants de son histoire : les soixante ans des Traités de Rome et les trente ans du programme Erasmus. Ces deux marqueurs de la construction européenne sont intrinsèquement liés car le premier a inscrit le principe de libre-circulation comme un élément fondamental de l'intégration européenne et le second en est une concrétisation majeure. Ils sont les fruits d'une Europe qui a su inventer, qui a su inscrire son avenir dans la circulation des personnes et donc dans celle des idées, des savoir-faire, des langues, des arts et des cultures.

Le développement des politiques européennes en matière de mobilité internationale des jeunes, à travers la mise en place du programme Erasmus, a établi la connexion entre la mobilité des individus et l'enjeu politique de la création d'une identité et d'une citoyenneté européennes. La récente augmentation substantielle du budget du programme Erasmus + (+ 40% en 2014-2020 soit 16.7 milliards d'euros) doit permettre d'augmenter, d'ici à 2020, le nombre de ses bénéficiaires pour permettre à près de quatre millions d'Européens d'accéder à la réalité de cette communauté de valeurs et d'aspirations partagées.

 

Les jeunes Européens veulent croire en l'Europe,                                                 l'Europe doit investir en eux.

 

L'élargissement de l'offre de mobilité à tous les publics de l'éducation, de la formation, de la jeunesse et du sport - élèves, étudiants, apprentis, adultes en formation, demandeurs d'emploi, enseignants, personnels de l'enseignement, encadrants - est une vraie réponse aux interrogations, souvent légitimes, sur l'opportunité d'un espace européen plus ouvert mais parfois plus vulnérable aux tourments économiques et sociaux. Erasmus + devrait être renforcé, plus soutenu encore, tant il améliore les compétences formelles et non formelles de ses bénéficiaires et dont il facilite très souvent l'insertion professionnelle.

En cela, la part du budget européen consacrée au programme reste minime et insuffisante (1,5 % du cadre financier pluriannuel 2014-2020). Il sera essentiel, dans un avenir proche, de doter Erasmus + d'un financement à la hauteur de ses enjeux et d'offrir à chaque jeune Européen les opportunités d'un meilleur cadre de formation, des compétences formelles et non formelles et de meilleurs débouchés professionnels, dans un espace d'épanouissement et de liberté. Les jeunes Européens veulent croire en l'Europe, l'Europe doit investir en eux.

 

Vers une action de l'UE plus visible                                                                                       et mieux comprise des citoyens européens

 

L'enjeu est précisément ici : convaincre celles et ceux qui voient dans l'ouverture des frontières une menace plus qu'un atout, offrir aux Européens des opportunités pour s'ouvrir à l'altérité et à la diversité. L'action de l'UE doit être plus visible et mieux comprise des citoyens européens, elle doit inspirer la confiance. Erasmus + est, je crois, l'un des atouts majeurs de l'Europe « qui marche », précisément parce que ses 9 millions de bénéficiaires en sont les acteurs et qu'ils façonnent, depuis 30 ans, son évolution et celle de l'Union.

Car ne nous y trompons pas, l'Europe unie est à la croisée des chemins. Certains souhaitent sa désintégration à l'intérieur comme à l'extérieur. Il ne suffit plus manifestement de marquer son attachement à l'intégration européenne par un consensus permissif. Certes le récent Livre blanc sur l'avenir de l'Europe propose des scenarii et établit des priorités mais les citoyens attachés à la construction européenne attendent légitimement un cap, qu'ils devraient pouvoir eux-mêmes fixer.

Croire en l'idée européenne, ce n'est pas se satisfaire du statu quo, c'est exiger une nouvelle frontière européenne à la lumière de ce que John F. Kennedy avait proposé aux Américains en 1960.

Jean Monnet a écrit « nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes ». Dès lors, les citoyens européens doivent pouvoir imaginer ensemble, dans tous les Etats membres et dans un élan participatif local, un espace de progrès et d'innovation, notamment éducative, sociale et environnementale, en s'appuyant d'abord sur les dynamiques des territoires. C'est une démarche et une responsabilité collectives, pour dépasser les résistances au changement, briser l'inertie et permettre de retrouver le sens de notre projet européen.

 

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