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Erasmus +, un soutien pour relever les nouveaux défis de l’enseignement supérieur

Le numérique, l'ouverture sur le continent africain, la reconnaissance des compétences  sont les nouveaux enjeux auxquels les établissements européens d'enseignement supérieur sont confrontés. Des défis pour lesquels ils peuvent s'appuyer sur le programme Erasmus + et les nombreuses activités qu'il soutient.

Avec la mise en place du processus de Bologne, qui fête son 20ème anniversaire cette année, l'Europe de l'enseignement supérieur européen s'est progressivement structurée. Aujourd'hui, les établissements doivent encore évoluer et faire preuve de créativité et d'innovation pour s'adapter aux nouveaux enjeux sociétaux et économiques. Au travers d'interventions d'experts et de témoignages de porteurs de projets, la conférence « Erasmus +, les nouveaux défis de l'enseignement supérieur », organisée le 26 avril à la cité universitaire internationale de Paris par l'Agence Erasmus+ France / Education Formation et le DAAD, a souhaité montrer que le programme Erasmus + constituait l'une des réponses à leurs problématiques.

Vers plus de coopérations grâce aux « universités européennes »

Pour Simone Bonnafous, chargée de mission « Bologne » au sein du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, « le nouvel enjeu du processus de Bologne est celui de la qualité de l'enseignement supérieur européen ». Après s'être concentré sur son harmonisation structurelle, avec notamment la mise en place du LMD, il doit dorénavant s'attacher à développer son caractère innovant pour faire de l'Europe de l'enseignement supérieur un territoire précurseur et attractif. C'est dans ce contexte qu'est née l'idée des réseaux d'universités européennes défendue par le Président Emmanuel Macron lors de son discours de la Sorbonne du 26 septembre 2017. Ces réseaux auront pour objectif d'offrir aux étudiants un parcours international avec à la clef un diplôme conjoint, mais aussi de développer des innovations pédagogiques et de mener des recherches d'excellence.

Sophia Eriksson Waterschoot, directrice Jeunesse, Education et Erasmus + à la Commission européenne, a précisé qu'avant de lancer ces « universités européennes », la Commission diffusera, en 2019, dans le cadre du programme Erasmus +, un appel d'offres pour sélectionner des réseaux d'universités pilotes chargés de mener les expérimentations avant l'extension du projet « si le budget le permet » à l'ensemble des universités d'Europe. Plusieurs consortia d'universités sont déjà sur les rangs pour devenir réseaux pilotes. C'est le cas d'un consortium qui rassemble les universités de Paris 1, Louvain, Madrid, Berlin, Cracovie et Bologne. Leurs représentants, Maria Gravari-Barbas, vice-présidente des relations internationales de Paris 1, et Peter Lievens, vice-recteur des relations internationales de l'Université de Louvain, ont évoqué l'ambition commune qui les anime de mettre en place des formations et des outils innovants et de faciliter davantage la reconnaissance et le transfert des crédits.

Les projets Erasmus +, laboratoires d'expérimentations

La coopération intra-européenne n'est pas le seul défi que doivent relever les établissements d'enseignement supérieur. Le numérique et la reconnaissance des compétences en sont d'autres que certaines universités tentent déjà de remporter dans le cadre de projets financés par le programme Erasmus +. C'est le cas de la Maison des Sciences de l'Homme de Paris et de l'Université de Lorraine qui sont impliquées dans le projet D-Transform. Ce projet Erasmus + vise à étudier la transformation des universités vers le numérique, et à conseiller et accompagner les établissements dans leur stratégie numérique en dispensant des formations et en diffusant des vidéos tutoriels. Selon ses coordinatrices, Angela Procoli, conseillère « partenariats internationaux » à la Maison des Sciences de l'Homme, et Anne Boyer, directrice de l'« université numérique » de l'Université de Lorraine, la réussite de ce projet est telle qu'il a été imité par un autre projet Erasmus + déposé en 2018 : un projet de renforcement des capacités sur la zone Amérique latine.

Succès partagé pour le projet Erasmus + MIRVA qui a créé un outil pour reconnaître et valoriser les compétences non formelles et informelles : les open badges. Serge Ravet, directeur de l'innovation de la Maison des sciences et techniques de Poitou-Charentes, a confirmé l'engouement des entreprises pour cet outil d'avenir. Il a cité l'exemple d'AXA qui utilise les open badges pour pourvoir des postes positionnés sur des métiers nouveaux pour lesquels il n'existe pas encore de formations diplômantes. Deux exemples de projets qui valident que les établissements peuvent s'appuyer sur le programme Erasmus + pour innover et se réinventer.

Erasmus +, une passerelle vers le continent africain

Deidre Lennan, chargée de mission « Afrique » à la Commission européenne, a rappelé qu'en 2050, l'Afrique comptera 2,4 milliards d'habitants et qu'il est important de contribuer à la formation de sa jeunesse et au développement de son économie. Un double défi dans lequel l'Europe est particulièrement impliquée puisqu'elle est la région du monde qui investit le plus dans l'éducation en Afrique : 1,34 milliard € pour la période 2014-2020. Le programme Erasmus + s'engage lui aussi dans l'éducation en Afrique à travers cinq de ses activités : la mobilité internationale de crédits, les masters conjoints Erasmus Mundus, les projets de renforcement des capacités, les partenariats stratégiques et les projets Jean Monnet.

Pour Caroline Charlier-Woerther, enseignante-chercheuse à l'Université Paris-Descartes, coopérer avec l'Ecole de médecine de Kampala, en Ouganda, a contribué à la qualité d'IDEAL, un projet de partenariat Erasmus + qu'elle coordonne et qui porte sur les urgences infectieuses. Ce partenaire a en effet une précieuse expertise des maladies infectieuses dont les établissements européens se sont nourris. De son côté, Paul D'Arbela, doyen de l'Ecole de médecine de Kampala, a précisé que les compétences en médecine d'urgence des partenaires européens avaient contribué à améliorer la qualité de formation des médecins d'Ouganda. Un partenariat gagnant-gagnant.

Cette notion d'équilibre en apports et gains entre les partenaires africains et les partenaires européens a également été soulignée par Timothée Toury, maître de conférences à l'Université de technologie de Troyes. Ce dernier coordonne le projet Erasmus + MOSE-FIC, un projet de renforcement des capacités qui associe trois partenaires camerounais et qui vise à améliorer l'offre de formation en informatique et à développer l'économie locale. Former des ingénieurs camerounais en conformité avec les standards internationaux, une compensation toute favorable aux investisseurs européens. Les exemples de coopérations Afrique-Europe réussies ne manquent pas et les universités africaines sont, selon Hortense Atta Diallo, vice-présidente des relations internationales de l'Université Nangui Abrogoua en Côte d'Ivoire, demandeuses. Cependant, elle estime qu'il faut encore améliorer leurs connaissances du programme Erasmus + pour qu'elles s'en saisissent davantage et pense que la mobilité des enseignants africains en Europe grâce à la nouvelle action « mobilité internationale de crédits » y contribuera.

Préparer l'avenir

Durant ces vingt dernières années, le programme Erasmus + a joué, selon Klaus Birk, directeur du DAAD, un rôle important  dans la mise en oeuvre du processus de Bologne en Allemagne. Pourtant, il juge encore insuffisant son utilisation dans les stratégies des établissements allemands : un défi à relever pour les vingt prochaines années. Pour Laure Coudret-Laut, directrice de l'Agence Erasmus+ France / Education Formation, le programme Erasmus + s'inscrit dans les nouveaux besoins sociétaux de pouvoir se réorienter professionnellement, de se former à un nouveau métier et d'adapter ses compétences aux besoins d'un marché du travail ouvert sur le monde et en constante évolution. Bénéficier d'Erasmus +, c'est « choisir son parcours » a renforcé Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation lors de son discours. Un programme au service des ambitions personnelles mais aussi des ambitions collectives puisque la ministre a rappelé que le savoir auquel le programme Erasmus + contribue est « le ciment d'une Europe plus forte et plus inclusive ». Ce « programme populaire au sens noble du terme » est pour elle « un bien commun » qu'il faut encore renforcer avec le doublement de son budget. Une ambition soutenue par  la députée européenne Petra Kammerevert et par Jean Arthuis, député européen et président de la Commission des budgets, qui a même proposé son triplement. Pour lui, appuyer Erasmus + c'est « une façon de préparer l'avenir ».

 

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Avril 2018
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