Accueil Agence Erasmus > Articles et actualités > L’apprentissage des langues vivantes étrangères relève de la formation générale de l’élève

L’apprentissage des langues vivantes étrangères relève de la formation générale de l’élève

La France vient de remporter l'appel à propositions de la Commission européenne sur le thème Langues et employabilité dans le cadre de la stratégie Europe 2020, stratégie qui associe étroitement les questions d'emploi et de mobilité aux problématiques de l'enseignement des langues en Europe.

Donner à l'élève, puis à l'adulte qu'il deviendra, une maîtrise autonome de plusieurs langues vivantes apparaît aujourd'hui comme une nécessité pour assurer son avenir professionnel. Il convient donc de valoriser cet apprentissage, d'en promouvoir les compétences transversales, d'en afficher clairement les enjeux et de construire une réelle motivation chez les élèves, élément clé de leur réussite.

L'enjeu du plurilinguisme dans la politique ministérielle

L'Éducation nationale a pris conscience très tôt de cet impératif de plurilinguisme : l'enseignement d'au moins deux langues vivantes est rendu obligatoire dès 1998 pour les élèves de collège, le devient à partir des années 2000 pour ceux des séries générales, puis technologiques des lycées, enfin est étendu à la voie professionnelle tertiaire en 2009. En France, la politique ministérielle donne ainsi à voir de façon continue que, pour elle, la maîtrise de plusieurs langues étrangères est intimement liée à la réussite professionnelle et qu'elle se refuse à ne donner cette compétence qu'à ceux qui se destinent à des études longues. Les programmes de mobilité scolaire, les échanges réels et virtuels avec des élèves étrangers, viennent par ailleurs compléter l'enseignement des langues vivantes dès que possible, grâce à une incitation forte de l'institution, afin, d'une part, de préparer les élèves à leur mobilité professionnelle future et, d'autre part, de les confronter immédiatement à la réalité des langues qu'ils pratiquent et aux mondes auxquels ces langues donnent accès.

Apprendre une langue vivante, c'est appréhender le monde

En effet, apprendre une langue vivante, c'est aussi et surtout découvrir une autre manière d'appréhender le monde. En insistant avec force dans ses actions de formation sur la nécessité de recourir systématiquement à des documents authentiques, l'inspection générale veut faire entendre que l'apprentissage d'une langue vivante est indissociable de la découverte de la culture qu'elle porte. Les langues traduisent la réalité du monde selon des prismes divers et leur enseignement doit amener les élèves à prendre conscience de cette relativité et leur montrer la réalité sous l'angle de l'autre.
Quel meilleur moyen pour analyser une situation internationale contemporaine que de porter sur elle le regard de l'autre ? Quel meilleur moyen pour résister au poids de l'opinion que de confronter différents points de vue ? C'est bien pour construire chez l'élève ce recul, cette distance et cette capacité à réfléchir sur soi et sur l'autre que l'enseignement de langues vivantes doit toujours rester profondément ancré dans les cultures des aires géographiques qui sont les leurs. En effet, une langue, aussi internationalisée soit-elle dans sa pratique, doit rester enracinée dans ce qui fait son essence, la civilisation dont elle est la traduction. C'est ainsi, dans un monde qui en s'ouvrant paradoxalement s'uniformise, qu'elle garde sa richesse et son intérêt pour les élèves, c'est ainsi qu'elle peut leur donner le plaisir d'apprendre parce qu'elle est la nouveauté, la différence, et même l'étrangeté.
C'est ainsi surtout que les élèves non seulement acquièrent la maîtrise technique de l'outil linguistique mais aussi la connaissance fine des codes sociaux-culturels qui en fondent l'usage. Connaissance précise et nuancée, éloignée des stéréotypes véhiculés parfois par les médias, qui favorisera ensuite la mobilité, l'employabilité, et plus généralement l'insertion dans la société et dans le monde, en donnant aux élèves les capacités d'adaptation à un contexte interculturel. L'enseignement des langues vivantes participe ainsi pleinement au  projet de formation générale porté par l'École.

 

Caroline PASCAL Caroline Pascal
 Doyen du groupe des langues vivantes
 Inspection  générale de l'Education nationale

 

04
Juin 2014
Article

Le mag' Erasmus+

Mobilité et apprentissage des langues

Le dossier

 

Thematiques abordées