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Jordi Curell, Commission européenne, Directeur pour l’enseignement supérieur et les affaires internationales


A partir de la rentrée 2015, le programme Erasmus+ s'ouvre au monde. Dans la lignée des programmes Tempus et Erasmus Mundus, les établissements de l'enseignement supérieur auront la possibilité d'intégrer des pays tiers dans leurs partenariats universitaires.

En matière d'international, quelles sont les attentes de la Commission européenne pour le programme Erasmus+ ?
Les programmes Tempus et Erasmus Mundus étaient largement ouverts aux pays tiers. C'était même leur vocation première. Mais il existait d'autres programmes régionaux peut-être moins connus tels qu'Alfa pour l'Amérique Latine, Edulink pour l'Afrique, les Caraïbes et le Pacifique et d'autres programmes de coopération bilatérale avec certains pays industrialisés. Chaque programme avait ses propres règles de fonctionnement, son propre calendrier, ce qui rendait la gestion particulièrement complexe pour nos universités.Nous avons donc décidé qu'Erasmus+ regrouperait tous ces programmes sous un même toit, de façon plus cohérente, et offrirait des règles de participation similaires. Erasmus + propose certaines innovations par rapport aux précédentes générations de programmes, tout en restant dans la continuité de ce qui a fait leur succès. Nous continuerons de proposer des actions de soutien à la modernisation des universités dans les régions moins développées du monde, comme nous le faisions dans le cadre des programmes Tempus ou Alfa. L'expérience positive d'Erasmus Mundus sera prolongée à travers les masters conjoints qui continueront à promouvoir l'excellence et à attirer les talents du monde entier. La principale innovation viendra de l'ouverture d'Erasmus au monde : à partir de la rentrée 2015/2016, il sera possible pour des universités européennes de recevoir des étudiants et enseignants des pays non européens et de postuler pour des mobilités d'étudiants et d'enseignants vers ces mêmes pays, dans des conditions similaires à celles qui s'appliquent aux mobilités européennes dans Erasmus : la mobilité ne se fera plus dans le cadre de grands consortia mais de partenariats bilatéraux et la reconnaissance des crédits obtenus à l'étranger sera rendue obligatoire. 

 

Quel bilan faites-vous d'Erasmus Mundus et comment envisagez-vous sa continuité dans le nouveau programme ?
Erasmus Mundus as eu un effet très positif d'entrainement sur le développement des diplômes conjoints ou doubles en Europe et l'évolution de la législation dans ce domaine. La France est bien placée pour le savoir, puisque les universités françaises sont celles qui y ont participé le plus activement ! Le programme a également eu un impact sur l'internationalisation et l'attractivité des universités qui y ont pris part. Le nombre croissant d'universités des pays tiers est également une source de satisfaction car elle montre que la "marque" Erasmus Mundus est reconnue comme un label d'excellence qui attire non seulement les étudiants, mais aussi et de plus en plus les universités étrangères. Notre étude d'impact effectuée en 2012 montre son succès : seuls 18% des étudiants n'avaient pas trouvé d'emploi six mois après la fin de leurs études.Il reste cependant encore des progrès à accomplir, notamment dans le domaine de l'accréditation, de l'implication et de la promotion auprès des employeurs, du développement des compétences transversales, mais surtout de la pérennité financière des masters conjoints. Erasmus+ vise à améliorer ces aspects-là. 

Plus largement, qu'attendez-vous des coopérations renforcées entre les pays européens et les pays partenaires ?
Nous espérons que de nombreuses universités prendront part à l'appel à propositions Erasmus+ qui sera lancé cet automne et en profiteront pour renforcer leur stratégie d'internationalisation, pas uniquement à travers la mobilité des étudiants, mais également en mettant en place des partenariats avec des universités étrangères dont le profil pourrait être complémentaire, des échanges et des formation d'enseignants, en facilitant l'ouverture au monde de l'entreprise, le développement de diplômes conjoints, etc. La coopération universitaire avec les pays tiers peut prendre des formes très diverses et nous nous efforçons de mettre à disposition des universités une palette d'instruments très complète. Cette coopération devrait bénéficier autant aux universités des pays tiers qu'aux universités européennes, qui devraient profiter d'Erasmus+ pour établir des partenariats durables qui pourront déboucher sur d'autres formes de coopération, par exemple dans le domaine de la recherche.

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Octobre 2014
Article

Le mag' Erasmus+

L' ouverture au monde du programme Erasmus+

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