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L’internationalisation de l’enseignement scolaire et l’engagement des académies

Les établissements d'enseignement de l'académie de Besançon sont engagés dans de nombreux échanges et partenariats internationaux. Jean-Paul Tarby, Délégué académique aux relations européennes, internationales et à la coopération analyse le positionnement international de l'académie.

Comment expliquez-vous l'ouverture internationale de votre académie ?
Je voudrais tout d'abord insister sur le fait que l'engagement européen et international est à l'honneur dans l'ensemble des académies qui apportent une contribution active et innovante à l'internationalisation de l'enseignement et de l'environnement scolaire français. En accord avec cette dynamique, l'analyse du positionnement international de l'académie de Besançon suppose que plusieurs facteurs soient pris en considération. En premier lieu, la taille réduite de l'académie (1,8 % des effectifs scolarisés au plan national), ce qui facilite une relation de proximité avec les établissements scolaires dans l'impulsion et le suivi de leurs activités d'ouverture par aileurs trés lisiblement inscrites dans les deux niveaux de pilotage que sont les projets d'établissement et celui de l'académie.
Nous veillons par ailleurs à aménager et à formaliser des relations privilégiées avec des administrations éducatives régionales en et hors Europe de manière à mettre plus efficacement les établissements scolaires et les services académiques en relation de projet coopératif avec des partenaires étrangers. A ce jour, l'académie entretient plus d'une dizaine de partenariats internationaux avec des entités similaires à l'étranger. 

Dans la mesure du possible, l'articulation de notre stratégie d'ouverture internationale avec les flux de coopération décentralisée des collectivités territoriales avec lesquelles nous partageons, dans le domaine de l'éducation et de la formation, un certain nombre de partenariats institutionnels à l'étranger est encouragée.
Enfin, une alliance forte avec l'Université de Franche-Comté, par le biais d'une convention avec son Centre international de linguistique appliquée (CLA) qui accueille chaque année près de 5000 étudiants, enseignants et cadres éducatifs en provenance de plus de 100 pays, permet à nos établissements scolaires d'accueillir chaque année de nombreux professeurs étrangers de français en contexte de découverte et d'observation de la vie scolaire et de l'organisation pédagogique françaises. Ces contacts directs entre nos équipes pédagogiques et des acteurs éducatifs étrangers facilitent la mise en œuvre de projets pédagogiques conjoints entre les établissements de l'académie et des établissements hors de France. La localisation transfrontalière de l'académie nous conduit également à travailler des axes de coopération éducative avec nos voisins géographiques proches, en particulier avec la Suisse. Une convention nous lie depuis deux ans avec la Direction de l'instruction publique du canton de Berne dans le domaine de la mobilité en formation professionnelle initiale.

Par conséquent, notre politique est avant tout basée sur un ancrage partenarial local (conventions signées avec le CLA, la Maison de l'Europe, le Centre régional pour la coopération décentralisée - CERCOOP) et international avec diverses directions régionales de l'éducation. 

Quels sont les apports de cette coopération scolaire à l'échelle européenne et extra-européenne ?

La question relative aux apports d'une politique d'ouverture internationale telle qu'elle est engagée par l'académie de Besançon renvoie davantage à la problématique de la plus value apportée par l'expérience de la mobilité internationale apprenante, sur les différents champs de compétence des bénéficiaires qu'à la mesure du degré d'internationalisation d'une académie comme organisation.
Une réelle évaluation dans ce domaine ne peut en effet se satisfaire exclusivement d'indicateurs de volumétrie de mobilité sur la base des rapports habituels de flux et de taux de participation. Dans cette perspective, nous oeuvrons actuellement à l'accompagnement qualitatif des conditions de mise en œuvre de la mobilité internationale des élèves avec deux outils en chantier : un e-portfolio numérique de la mobilité des élèves (projet Mob@pass) qui aura, à terme, vocation à s'étoffer dans le cadre d'un partenariat stratégique Erasmus + en cours de définition,  ainsi qu'à un vademecum « Sécurité/Mobilité » utile à la sécurisation des actions de mobilité internationale organisées par les établissements scolaires.

La mise en œuvre d' Erasmus + est assortie d'une option d'élargissement à la dimension l'internationale par la possibilité offerte aux porteurs de projets des pays membres d'associer à leur projet des partenaires extra européens. Ceci constitue une réelle opportunité d'enrichissement du traitement des thématiques abordées dans le cadre des partenariats stratégiques. Les sujets relatifs à la diversité culturelle européenne ont intensément irrigué les projets de partenariat scolaire européens de la génération Socrates /Comenius au cours des quinze dernières années. Il me semble que les établissements scolaires, en particulier dans l'enseignement secondaire, pourraient désormais s'attacher à travailler dans le cadre d'Erasmus +, dans une perspective comparative, des thématiques davantage liées aux priorités actuelles du système éducatif français, telles que l'amélioration du climat scolaire, le bien être à l'école, les diverses formes de collaboration au sein de la communauté éducative ainsi que les champs de l'éducation à la responsabilité et le traitement de la difficulté en milieu scolaire. Il s'agirait en fait de redonner aux partenariats stratégiques scolaires Erasmus + la coloration des anciens projets Comenius de développement scolaire et positionner ainsi la coopération scolaire européenne proposée par Erasmus + au service des réels enjeux de l'évolution du système éducatif vers les priorités qu'il affiche actuellement. 
Les pays nordiques peuvent par exemple, mais sans exclusivité, offrir, eu égard à l'intérêt qu'ils accordent à l'autonomie et à l'épanouissement dans le processus éducatif en milieu scolaire, des opportunités de concertation pertinente sur les domaines indiqués ci-dessus dans le cadre de partenariats scolaires européens. Un collège de notre académie a intégré la dimension internationale offerte par Erasmus + dans le cadre d'un partenariat stratégique ciblé sur l'autonomie des élèves, avec des établissements du Royaume-Uni et de Norvège auxquels sont associés deux collèges de Calgary au Canada et de New Delhi en Inde. 

Quels conseils donner aux établissements désireux de s'engager dans un projet collaboratif Erasmus + ? 
Articuler clairement cette initiative avec le projet d'établissement, inciter les enseignants à se fédérer en "équipe - projet" pluridisciplinaire, à pratiquer la mobilité européenne dont ils sont prescripteurs et à participer aux formations académiques qui leur permettront de capitaliser des compétences méthodologiques utiles à l'ingénierie de projet.
Il faut enfin surtout garder à l'esprit qu'un projet Erasmus +, outre sa contribution à l'amélioration des conditions de réalisation du projet européen dans son ensemble, constitue une expérience humaine et formative inoubliable pour les élèves et les personnels qui les encadrent.

Jean-Paul Tarby, DAREIC, académie de Besancon

29
Octobre 2014
Article

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