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"Madame, on refait un projet eTwinning ? »

Murièle Dejaune, professeur d'anglais-lettres au lycée Louis Blériot de Trappes et Laurence Pannetie, professeur de lettres classiques au collège Antonin Perbosc de Lafrançaise relatent l'importance des projets eTwinning dans leurs pratiques pédagogiques, notamment dans leur lutte contre l'échec scolaire.

 Murièle 

« La découverte de la plateforme eTwinning.fr en 2008 a été un grand changement dans mes pratiques pédagogiques et devant l'enthousiasme des élèves avec lesquels j'ai réalisé mon premier projet, j'ai continué à mener et à réaliser  de nombreux projets en français et en anglais avec mes classes de CAP et Baccalauréat professionnel du lycée Louis Blériot à Trappes.

Travailler ensemble sur un sujet commun avec des jeunes de pays d'Europe permet de motiver mes élèves  en grande fragilité linguistique, sociale et en grande difficulté scolaire et qui n'attendent plus grand chose de l'école.

Les élèves travaillent en coopération avec leurs homologues européens et non plus pour le professeur : les différentes activités apportent un sens concret et authentique à l'apprentissage de la langue et rendent le cours plus dynamique.

Le besoin de communiquer avec des élèves européens redonne sens à l'apprentissage des langues

Les élèves comprennent alors le besoin de maitriser l'anglais pour communiquer avec leurs partenaires polonais, chypriotes, hongrois, roumains, portugais, etc.

Le fait de travailler en interdisciplinarité dans des cours co-animés avec les professeurs de matières professionnelles nous permet d'être plus disponibles, de répondre plus rapidement à la demande des élèves et ainsi de leur éviter le découragement.

En travaillant en collaboration et en coopération, ils deviennent plus curieux, plus autonomes, plus tolérants, ils gagnent ainsi en maturité sociale et prennent confiance en eux en améliorant  leurs compétences. Les productions orales et écrites s'améliorent qualitativement et quantitativement tout au long des projets, les blocages existants face à la production personnelle disparaissent, une émulation se crée et ils attendent avec impatience les activités de leur partenaire.

Grâce à l'outil informatique, les productions finales comme la réalisation d'une bande dessinée, un magazine en ligne, un roman épistolaire, un livre de recettes mettent en valeur leur travail de l'année et les élèves sont très fiers du résultat.

 

Et chaque année en septembre une des premières questions des élèves est : «  Madame, on refait un projet eTwinning ? ».

 Laurence 

« Au contraire de Murièle, j'enseigne dans un collège rural et mon expérience d'eTwinning est très récente.

QUAND L'écriture collaborative donne le goût d'écrire 

En effet, lors d'un déplacement Comenius en Italie en mars 2011, j'ai découvert des pratiques pédagogiques différentes et c'est alors qu'avec Claudia, nous avons décidé de mener un projet commun. Ainsi est né notre projet d'écriture collaborative « Voyage en Utopie / viaggio in Utopia : récit de voyage d'adolescents en quête de la cité idéale du développement durable », auquel ont participé 16 enseignants et 103 élèves de 4 classes de niveau équivalent (4ème) en France et en Italie.

En France, nous avons travaillé en interdisciplinarité mais aussi avec un partenariat extérieur si bien que les enfants ont pu non seulement faire des liens entre les disciplines, donner du sens à leurs apprentissages, mais aussi entrer dans une démarche heuristique et conceptuelle, ce qui les a peu à peu conduits à modifier leur regard sur les activités scolaires. Au début de l'année, en voyant ou en entendant ressurgir le mot « utopie » en français, mathématiques, arts plastiques, technologie, italien, etc., les élèves s'exclamaient : « Oh ! Non ! Pas encore ! ». Puis les concepts se sont progressivement formalisés et ont commencé à acquérir du sens. L'écriture collaborative s'est lentement mise en place : les enfants français et italiens ont brossé les portraits des personnages de leur quête respective et dès lors, ils se sont identifiés à eux jusqu'à raconter leur rencontre virtuelle en Provence, dans le dernier chapitre.

Ils ont aussi rendu compte de leurs visites, de leurs lectures, les uns à Lafrançaise, les autres à Carrara.

Durant l'année scolaire, certains enfants ont peu et/ou mal écrit, certains ont écrit beaucoup et/ou très bien, mais tous ont -in fine – pris plaisir à le faire et ont compris la nécessité de s'exprimer correctement, puisque, selon leurs propres termes, ils étaient devenus les « professeurs » de leurs camarades italiens. Des élèves français et italiens, qui n'arrivaient pas à rendre de devoirs, trop honteux de la déficience de leur production écrite, se sont mis à communiquer sur le twinspace, grâce à des avatars, puis à rédiger quelques lignes, en sachant que nous les aurions corrigées, et surtout y ont pris goût !

Alors que notre objectif était a priori de faire s'ouvrir les enfants à une autre langue, à une autre culture, à l'Autre, nous avons découvert en sus que grâce à ce projet eTwinning, des enfants en grande difficulté tout autant que des enfants en réussite scolaire, dans chacune de nos classes très hétérogènes, avaient participé activement et avec plaisir à ce projet qui, par mille détours les a ramenés aux compétences exigées par le socle commun. »

Découvrez le projet Voyage en Utopie

 

22
Octobre 2013

Le mag'Erasmus

Les décrochages

Les projets européens

 

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